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Maîtriser les risques psychosociaux (RPS) et prévenir la faute inexcusable

12/12/2025
L'obligation de l'employeur en matière de santé et de sécurité au travail constitue une obligation de résultat. Cette exigence ne se limite plus aux risques physiques traditionnels, mais englobe de manière impérative les atteintes à la santé mentale, regroupées sous le terme de Risques Psychosociaux (RPS) : stress, violences internes (harcèlement moral, conflits), violences externes (agressions de la clientèle), et épuisement professionnel (burn-out). Pour les dirigeants de PME, la non-maîtrise des RPS est désormais un facteur critique de contentieux. Une démarche incomplète ou inefficace expose l'entreprise non seulement à des sanctions classiques, mais aussi au risque de reconnaissance de la faute inexcusable de l'employeur, dont les conséquences financières sont particulièrement lourdes.
Maîtriser les risques psychosociaux (RPS) et prévenir la faute inexcusable

1. La formalisation essentielle : l’intégration des RPS dans le DUERP

Le Document Unique d'Évaluation des Risques Professionnels est la pierre angulaire de toute démarche de prévention. L'intégration des RPS n'est pas optionnelle, c'est une obligation légale.
 

A. L'exhaustivité de l'évaluation

L'évaluation doit être menée de manière méthodique, en s'appuyant sur des indicateurs concrets et non pas sur une simple intuition managériale. Les facteurs de risques à identifier sont multiples:
      • Charge et organisation du travail : quantification des objectifs, adéquation entre les ressources disponibles et les tâches, respect des temps de repos, droit à la déconnexion.
      • Relations et management : climat social, qualité de la communication, autonomie laissée aux salariés, formation des managers à la détection des signaux d'alerte.
      • Environnement socio-économique : sentiment d'insécurité lié aux réorganisations ou à la pression économique.
L'employeur doit documenter la méthodologie utilisée (questionnaires, entretiens, analyse des indicateurs sociaux comme l'absentéisme et le turnover). L'absence d'évaluation spécifique des RPS dans le DUERP est systématiquement retenue contre l'employeur par les juges en cas d'atteinte à la santé mentale d'un salarié.
 

B. La consultation et la traçabilité

Le DUERP doit être actualisé au minimum une fois par an. S'il existe le CSE doit être associé et consulté sur l'évaluation et les mesures de prévention qui en découlent. Cette consultation est un gage de légitimité et une preuve de la démarche participative de l'entreprise. Conservez les procès-verbaux de ces consultations : ils attestent de la bonne exécution de votre obligation de moyen en amont de votre obligation de résultat.
 

2. Le plan d'action concret : décliner la prévention en 3 niveaux

L'obligation de sécurité de l'employeur est remplie uniquement si des mesures de prévention concrètes sont mises en œuvre pour chaque risque identifié. Les stratégies de prévention des RPS sont classées en trois niveaux :
 
Niveau de PréventionObjectifExemples d'Actions pour les PME
Primaire (Agir sur la cause)Supprimer ou réduire la source du risque.Formation des managers à la gestion du stress d'équipe ;
Réorganisation des processus pour réduire les pics de charge ;
Mise en place d'un droit à la déconnexion effectif.
Secondaire (Agir sur l'individu)Développer la capacité des salariés à faire face.Formation des salariés à la gestion du stress personnel ;
Mise en place de groupes de parole ou de soutien psychologique.
Tertiaire (Agir sur le dommage)Réparer et prendre en charge les victimes.Procédures de gestion des conflits ;
Accompagnement psychologique après un événement traumatisant ;
Soutien au retour à l'emploi après une longue maladie liée aux RPS.

Le juge examinera si l'employeur a pris toutes les mesures utiles pour préserver la santé du salarié. La preuve de l'employeur ne doit pas être la simple affirmation, mais la documentation de ces actions (registres de formation, notes de service sur les plages de déconnexion, etc.).
 

3. Les sanctions juridiques : le danger de la faute inexcusable

Le risque juridique majeur dans le domaine des RPS est la reconnaissance d'une faute inexcusable de l'employeur par le juge. Cette qualification est retenue lorsque :
 
    • L'employeur avait ou aurait dû avoir conscience du danger auquel était exposé le salarié (par exemple, suite à un signalement, un arrêt maladie répété pour stress, ou un DUERP identifiant un risque élevé).
    • L'employeur n'a pas pris les mesures nécessaires pour l'en préserver. 
La reconnaissance de la faute inexcusable a des répercussions financières et réputationnelles dévastatrices pour une PME :
 
    • Majoration de la rente : la rente versée au salarié par la Sécurité sociale est majorée, et cette majoration est mise à la charge de l'employeur,
    • Dommages et Intérêts : l'employeur est condamné à verser des dommages et intérêts forfaitaires pour la réparation des préjudices subis par le salarié,
    • Coûts indirects : image dégradée, difficulté à recruter, hausse de l'absentéisme et dégradation du climat social général. 
Autrement dit, si un salarié signale un risque ou un harcèlement, l'employeur doit immédiatement mener une enquête et prendre des mesures conservatoires pour montrer sa proactivité et ainsi réduire le risque de faute inexcusable.
 
En résumé, la sécurisation de l'obligation de sécurité est aujourd'hui indissociable d'une gestion proactive et rigoureuse des Risques Psychosociaux. Pour le dirigeant de PME, cela se traduit par une traçabilité documentaire infaillible (DUERP à jour et documenté), une consultation effective des instances représentatives, et un investissement continu dans la formation du management.
 

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