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Relier l'expérience client à la nature

01/09/2026
Relier l'expérience client  à la nature

Une chambre d’hôtes, un espace wellness et piscine, un tennis, un verger, un potager fleuri, un bois gourmand… Un programme riche pour un lieux pensé autour de la nature et du bien-être. Stanislas Jung, paysagiste-concepteur DPLG et fondateur de Horus Paysages en fait, une promenade allant de surprise en surprise, rythmée par les vues, les usages et plusieurs degrés de naturalité.

À l’origine, le site était composé d’un jardin très années 60 : grandes pelouses, petits conifères en boule et Photinias. “Le nouveau propriétaire souhaitait transformer l’ancien corps de ferme en maison d’hôtes et redonner vie à cette immense pelouse de 6 000 m2. Il voulait de la vie, du naturel et une promenade faite de surprises”, introduit Stanislas Jung. Le challenge de ce projet : jouer avec les espaces et les flux pour que propriétaires et invités puissent vivre librement, comme si tous, étaient chez eux, dans un écrin de nature sans limites marquées…

Plan masse avec le détail des différents espaces de vie et d’usage.

Accueillir, la cour

À l’entrée de la propriété (à gauche sur le plan), les premiers bâtiments sont destinés aux chambres d’hôtes. Au bout de l’espace de retournement (au centre du plan), c’est la maison du propriétaire. Enfin, en partie haute du plan, l’espace wellness et piscine que les invités peuvent rejoindre par la cour ou les jardins. L’entrée du site distribue ainsi les cinq chambres et l’espace privé. Le paysagiste-concepteur explique : “Pour limiter les interférences et que chacun se sente chez soi, sans couper l’espace par des clôtures, nous avons créé de grands massifs de vivaces et graminées scindant l’espace de façon subtile. Il fallait faire cohabiter ces deux usages, sans couper la vue. Pour les cheminements, des gravillons calcaires font la continuité avec les pierres des façades tout en conservant l’esprit naturel du lieu.”

Prairie, verger, bois, aller vers la nature

Depuis le salon des propriétaires, les plans se succèdent, et s’enchaînent visuellement, massifs de vivaces, pelouse, verger, prairie et boisement. “On va du plus tenu au plus naturel. La pelouse rustique, contient par ailleurs du micro-trèfle pour en augmenter la résilience climatique. La prairie fleurie est composée d’un mélange adapté aux conditions du site, laissé aux bons soins du semencier spécialisé Nungesser. Ces espaces géométriques, structurent l’espace et prolongent la perspective, tout en guidant les usagers vers les zones clés du site. La différence de hauteur de coupe entre pelouse et prairie devait initialement suffire à faire perdurer le dessin. Mais en pratique, les lignes droites étaient mal tenues par le jardinier. Des voliges en acier ont été installées en année deux et guident désormais la tonte et fixent le dessin”, poursuit Stanislas Jung.

Un miroir d’eau qui articule les flux

Le bassin est implanté dans la pelouse, sur l’axe de la terrasse. Il constitue un premier repère visuel avant d’aller chercher du regard la ligne de fuite vers l’entrée du bois gourmand signalée par une porte en gaulettes de châtaigner. “Je voulais plusieurs plans : d’abord l’eau, puis les prairies et enfin le bois ; ainsi qu’une fonction directionnelle. Le chemin de gauche dessert le jardin privé, celui de droite dirige vers le terrain de tennis. Aux quatre angles du carré une direction, là où l’eau signale le changement d’usage du parc”, explique le paysagiste-concepteur.

Entre jungle et minimalisme pour l’espace Wellness

La création de la piscine couverte a produit environ 300 m³ de déblais dont de la terre végétale. Environ 200 m³ de terres seront conservés et réutilisés en reprise de terrassement, réduisant les évacuations. Deux ambiances habillent cet espace wellness, une très sobre et minimaliste pour la piscine et une luxuriante et ombragée pour le spa. Stanislas Jung détaille : “Devant les baies vitrées de la piscine, parfois ouvertes en grands durant l’été, j’ai opté pour un style contemporain, avec un gazon arrosé et un talus monospécifique en pennisetums, limitant les insectes qui dérangent parfois les clients… C’est le seul endroit où il y a un arrosage régulier et un gazon assumé.”

Des fleurs pour les invités

Le potager ne sera pas vivrier mais bel et bien fleuri. Il longe la descente vers le stationnement des voitures et anime cette balade secondaire par ses couleurs. Les bacs en chêne massif accueillent des fleurs à couper, dahlias, pivoines et rosiers, destinées aux chambres. Dans l’esprit rustique et nature du lieu les bacs potagers ont été pensés en chêne massif. “Le client voulait du brut, un style rustique, quelque chose qui grise et vive”, rapporte Stanislas Jung.

“Pour ne pas faire tache dans le projet, il fallait que le terrain de tennis disparaisse sans impacter tout le jardin, qu’on le découvre après coup, dans une pièce végétale. Ainsi, il se fond dans la forêt, et les spectateurs assistent aux matchs sur de grandes gradines en chêne massif, qui patineront avec le temps”, rappelle le paysagiste.

La poésie du bois gourmand

Pour animer le fond du jardin, et retrouver la nature, un micro-boisement a été planté. Au sein de cet écosystème tout un sous-bois de fraisiers, de framboisiers et groseilliers a été installé.Des structures géométriques en gaulettes de châtaignier servent également de support aux mûriers.
Dans ce bois gourmand, sous un vieil érable conservé en sénescence, le bois mort est réutilisé pour border les sentiers. Ici, seuls les cheminements reçoivent un apport régulier de paillage, bien que toute la parcelle en eût lors de la plantation. Seule une fauche annuelle limite le développement des ronces. “Ce boisement m’a appris plusieurs choses que j’applique désormais lors de mes suivis de chantiers : l’importance du contrôle des dimensions des fosses de plantation et l’altimétrie du collet à plantation… Depuis, je mélange les forces avec plus d’amplitude allant du jeunes plants, baliveaux et grands sujets d’une même espèce pour un rendu plus naturel. Un autre élément que je retiens est la simplification des mélanges de vivaces pour un rendu plus lisible et facile à tenir dans le temps. Mais c’est tout l’intérêt du suivi à quatre ou cinq ans : comprendre pourquoi certains éléments fonctionnent mal ou pas et faire évoluer sa méthodologie de suivi et de conception”, conclut Stanislas Jung.

Horus Paysages

Formé en architecture à l’ENSA-V puis diplômé de l’École nationale supérieure de paysage de Versailles, Stanislas Jung a complété son cursus M2 par deux années en tant qu’ouvrier paysagiste et par une dizaine d’années de voyages naturalistes à explorer les écosystèmes naturels. Basé à Feucherolles (78), Horus Paysages est un bureau d’études familial, piloté avec sa compagne. Il assure conception et conduite de chantier à travers toute la France des Yvelines au Sud en passant par la Normandie. Sa signature : jardins naturalistes, préservation des écosystèmes, gestion différenciée et lignes assumées et contemporaines. Sa typologie de projets : grandes propriétés, haras, hôtels… En plus de cette activité de maîtrise d’œuvre, une activité de Sourcing avec Horus Sourcing a été développée afin de mettre à disposition des végétaux et du mobilier de qualité pour une clientèle exigeante.

FICHE TECHNIQUE


Budget paysage

• Environ 350 à 400 k€ HT, VRD compris

Principaux lots

• Terrassements / VRD
• Arrosage
• Ouvrages bois
• Plantations et engazonnement

Entreprises

• Les Jardins de Gally : plantations, nivellement fin, gazon
• Soisy Arrosage : arrosage et bassin
• Axe TP : terrassements
• Il était une feuille : ouvrages bois (entreprise aujourd’hui fermée)
• L’Écrin des Jardins / Les Édénistes : entretien actuel

Fournisseurs végétaux

• Pépinières Chauviré : arbres du boisement
• Pépinières Lepage et Pépinières Chombart : vivaces
• Nungesser : mélange de prairie