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Deux parcs signatures et traits d’union paysagers

19/03/2026
Deux parcs signatures et traits d’union paysagers
Nés au XIXe siècle, les parcs Napoléon III et Kennedy de Vichy (4 Fleurs) constituent un trait d’union paysager entre la ville thermale et sa rivière, mais aussi entre attractivité touristique et enjeux environnementaux.
L’origine des parcs de Vichy (03) remonte à 1861, lorsqu’un décret impérial impose l’aménagement d’un nouveau parc à l’emplacement d’un bras secondaire de l’Allier asséché grâce à la construction d’une digue destinée à protéger la ville. Le passage de Napoléon III et la construction de son chalet contribuent à donner à cet espace paysager un prestige particulier, en cohérence avec le développement de Vichy comme grande ville thermale. Quatre grands parcs se succèdent aujourd’hui du nord au sud : le parc Napoléon III, le parc Kennedy, le parc du Soleil et le parc des Bourins, pour un ensemble d’environ 18 hectares. “La configuration des parcs Napoléon III et Kennedy reste marquée par cette origine technique. Contrairement à un parc fluvial classique, comme celui du Soleil ou des Bourins, où le terrain descend naturellement vers l’eau, la digue crée ici une topographie inversée : les deux parcs forment un rempart face à la rivière”, introduit Dominique Scherer. Ces derniers constituent un ensemble d’une dizaine d’hectares directement en contact avec le centre-ville. Ils sont les plus fréquentés et les plus aménagés.
Dès son origine, le parc Napoléon II intégrait un système d’arrosage innovant : une machine à vapeur remontait l’eau d’une voie centrale pour irriguer les pelouses par submersion. Aujourd’hui, l’arrosage est assuré par un forage, contribuant notamment à faire du parc un îlot de fraîcheur lors des épisodes de canicule.

Une reconnexion progressive entre ville, parc et rivière

“Sur la période moderne, plusieurs aménagements ont cherché à renforcer le lien entre la ville, le parc des Sources, les thermes ,les parcs d’Allier et la rivière. Trois traversées perpendiculaires ont été créées dans les parcs afin de permettre aux visiteurs d’accéder directement à la digue et aux escaliers menant à l’Allier. La municipalité a également transformé les rues du quartier thermal en rues piétonnes afin de favoriser une connexion douce entre la ville et la rivière”, explique-t-il. Ces rues piétonnes ont été replantées afin de favoriser les continuités écologiques, avec une gradation végétale du centre-ville vers la rivière. Les berges ont également fait l’objet d’une renaturation, avec l’introduction d’une large palette de plantes hélophytes. “À Vichy, nous utilisons nos parcs comme des médias pour parler de biodiversité. Nous avons beaucoup travaillé sur nos palettes végétales : nous sommes même labellisés producteurs de végétaux locaux et produisons 27 taxons. Les parcs Kennedy et Napoléon III comprennent encore un fleurissement traditionnel en raison de leur vocation touristique, avec une mosaïque sur un rond-point et des massifs d’annuelles. Mais nous développons de plus en plus les massifs de vivaces et la naturalisation de bulbes d’hiver. Par ailleurs, dès que nous recréons un massif, nous nous imposons d’intégrer 10 à 15 % de végétaux locaux”, partage le responsable.
Un parcours apicole a été aménagé au nord du parc, avec des emplacements pour des ruches et des plantations mellifères (Achillea millefolium L., Galium cruciata, Linaria supina, Echium vulgare…)

Un patrimoine arboré préservé

Les parcs abritent de nombreux arbres remarquables, dont le pin Napoléon, dont certains sont très anciens. Face au vieillissement du patrimoine arboré et aux effets du changement climatique, la ville mène une politique active de surveillance et de conservation. “Nous disposons d’une équipe d’élagueurs, ce qui nous permet d’assurer un suivi fin de notre patrimoine et d’effectuer des tailles régulières au plus proche des besoins. Certains arbres sont également soutenus par des dispositifs comme des étais ou des haubans afin de prolonger leur durée de vie, notamment pour les sujets emblématiques des parcs. Cela témoigne auprès du public de notre engagement en faveur de leur conservation”, complète-t-il. La ville mène également une politique de replantation. Celle-ci est validée par les Architectes des Bâtiments de France, les parcs étant propriétés de l’Etat.

Un entretien adapté aux usages et à la biodiversité

Depuis sa création, le parc intègre un système d’arrosage. “À l’origine, une voie d’eau occupait l’emplacement de l’actuelle allée centrale et l’arrosage se faisait par submersion. L’eau était remontée grâce à une machine à vapeur et s’écoulait sur les plantations”, explique le responsable. “Le système d’origine a disparu depuis longtemps, mais nous avons conservé un arrosage automatique afin de soutenir l’attractivité touristique et de contribuer au rafraîchissement de la ville lors des pics de chaleur estivaux. Depuis une dizaine d’années, il est alimenté par un forage”, poursuit-il. L’entretien des parcs de la Ville repose sur une gestion différenciée. Les zones les plus fréquentées, comme les parcs Napoléon III et Kennedy, font l’objet de tontes régulières afin de répondre aux attentes des visiteurs et des touristes. D’autres parcs accueillent davantage de prairies fleuries et spontanées. L’accueil de la biodiversité est ici encouragé par l’installation de nichoirs, la réutilisation des rémanents de taille et la restitution des feuilles dans les sous-bois. Un parcours apicole a également été installé au nord du parc, comprenant des emplacements pour des ruches, un parcours de rocaille avec des plantes mellifères (dont certaines issues de végétaux locaux) ainsi que des panneaux explicatifs. La ville recherche actuellement son nouvel apiculteur pour relancer l’activité. Le désherbage est réalisé manuellement dans les allées. “Autrefois, nous pouvions effectuer des découpes de bordures deux fois par an pour garantir une parfaite linéarité. Aujourd’hui, nous intervenons une fois par an, voire tous les deux ans, uniquement lorsque cela est nécessaire, lorsque le gazon empiète sur l’allée”, explique Dominique Scherer. Il ajoute : “Autrefois, nous éliminions aussi les adventices dans les pelouses. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Le parc est d’ailleurs magnifique au moment de la floraison des pâquerettes.” Enfin, la ville poursuit sa réflexion sur la gestion des déchets et la propreté. Des corbeilles bi-flux ont déjà été installées et un système de tri à trois flux est actuellement à l’étude. Les parcs s’inscrivent également dans une politique d’espaces non-fumeurs déployée à l’échelle de la ville, accompagnée par un organisme spécialisé afin de lutter contre la prolifération des mégots dans l’espace public.
Les parcs abritent de nombreux arbres remarquables, parfois très anciens, qui font l’objet d’un suivi attentif et de tailles adaptées par l’équipe d’élagueurs de la Ville, afin d’assurer leur préservation.

Des espaces vivants et très fréquentés

Les parcs de Vichy sont aujourd’hui des lieux de promenade mais aussi d’activités variées. Les visiteurs les traversent pour profiter des plages et de la rivière, observer les animaux présents dans certains bassins ou accompagner les enfants sur les aires de jeux. “Nous sommes engagés autour de la Ville de santé. La grande aire de jeux pour les enfants est complétée par des agrès pour adultes et des vélos connectés installés à proximité, destinés notamment aux parents qui surveillent leurs enfants”, partage le responsable. Les parcs sont également très sollicités pour l’accueil d’événements et d’animations. Parmi les rendez-vous emblématiques figurent notamment les Fêtes Napoléon III, organisées chaque année mi-juin. Entre héritage historique, attractivité touristique et transition écologique, les parcs de Vichy illustrent l’évolution des jardins urbains. Pensés à l’origine comme un aménagement hydraulique et paysager, ils sont aujourd’hui devenus des espaces majeurs de nature en ville.