
Dans les massifs, un paillage en galets roulé a été choisi pour faciliter l’entretien futur réalisé par le client, qui souhaitait pouvoir utiliser son souffleur régulièrement, sans emporter BRF ou copeaux de bois…
Travertin : l’art de la pose en courbe
Autour du bassin, le travertin représente sans doute la partie la plus délicate du chantier. Chaque dalle est présentée, découpée, poncée puis ajustée afin d'épouser parfaitement les courbes existantes du bassin, et celles de la dalle béton. “Nous avons travaillé le travertin dalle par dalle, en 3 cm d’épaisseur, commençant par la courbe intérieure de la piscine en positionnant et ponçant chaque dalle. Le double quart-de-rond extérieur est repris à la main, et les joints sont recalés en permanence.
C'est un travail très long, mais c'est lui qui donne cette impression de fluidité autour de la piscine. Cette matière se travaille bien, ce qui nous a permis de corriger les petits défauts et d'obtenir une courbe parfaite.”
Construire avec le territoire
S'il fallait résumer ce chantier en une idée, ce serait probablement celle-ci : faire avec le territoire plutôt que contre lui. Pierres du Tarn, ferronnerie artisanale et locale pour la clôture en fer forgé, pierres et graviers calcaires extraits à moins d'une heure du chantier, ganivelles en bois français, terre végétale réemployée et amendée sur place, végétaux adaptés au climat sec du piémont de la Montagne Noire... “Un jardin doit raconter l'endroit où il est construit, c’est d’ailleurs ce que je recherche dans notre métier. Si demain je travaille en Bretagne, je n'utiliserai pas les mêmes matériaux. Chaque région possède ses couleurs, sa lumière, son caractère. C'est cette identité qui fait la richesse d'un projet”, insiste Matthieu Carla, avant de conclure : “Les plantations associent oliviers, cyprès, sauges, lavandes, dasylirions, phlomis et érigérons afin de construire un paysage méditerranéen sobre, résilient et peu gourmand en eau. Au fond, ce chantier raconte surtout une manière de concevoir le métier. Un beau jardin n'est pas celui qui impressionne le premier jour, mais plutôt l’espace où les clients continuent à vivre dix ou vingt ans plus tard. Quand la technique disparaît derrière les usages, c'est que notre travail est abouti.”