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Un centre aquatique exemplaire à plus d’un titre

01/09/2026
Un centre aquatique exemplaire  à plus d’un titre

Dinan Agglomération vient de terminer la construction d’un centre aquatique structurant pour son territoire. Proposant une offre favorisant la diversité des pratiques, le site est également ambitieux au niveau environnemental… et pourrait même devenir une référence concernant la gestion de l’eau.

Comme nombre de collectivités, Dinan Agglomération (105 000 habitants répartis dans 64 communes) disposait d’établissements aquatiques vieillissants : une piscine Caneton et une piscine extérieure (les deux avaient plus de 55 ans !). “En 2017, les élus ont souhaité construire un centre aquatique structurant, central au niveau du territoire, avec un enjeu prioritaire : l’apprentissage de la natation”, introduit Olivier Oléron, responsable du service des sports, enfance et jeunesse de Dinan Agglomération.

Enjeux• 2 000 m2 de plan d’eau pour développer l’apprentissage de la natation
• Un équipement exemplaire au niveau des consommations d’eau et d’énergie
Contraintes• Sélectionner une commune centrale selon plusieurs critères dont la sobriété foncière
Solutions• Plusieurs bassins dont un nordique de 50 m avec un mur mobile
• Un process en cours pour la réutilisation des eaux de bassins et des eaux pluviales afin de réalimenter les bassins
• Raccordement au réseau de chaleur urbain
Le bassin nordique de 50 x 21 m (8 couloirs) accueille les associations locales, le grand public, et peut aussi recevoir des compétitions de jeunes de niveaux régional et national.

Une offre aquatique diversifiée

Les orientations du projet de cet établissement de centralité devaient notamment répondre au besoin de disposer d’une surface de bassin de 2 000 m2, être complémentaire avec les bassins existants sur le territoire, y compris hors Dinan Agglomération, apportant une plus-value. Ainsi, la halle des bassins est un espace double dont la première partie abrite le bassin sportif de 25 m (six couloirs, avec une profondeur de 1,30 à 1,80 m). Sur une de ses longueurs, il est bordé de trois rangs de gradins (150 places) pouvant accueillir les spectateurs lors des compétitions. Dans la seconde partie, le bassin de loisirs et d’apprentissage est équipé d’une rampe d’accès pour les personnes à mobilité réduite. D’une surface de 225 m2, ce bassin (d’une profondeur de 0 à 1,20 m) est composé d’une partie apprentissage avec trois lignes d’eau et d’une partie plus récréative équipée de jets massants, de cols-de-cygne, de plaques à bulles en fond de bassin et d’une banquette bouillonnante. En complément, la lagune de jeux de 150 m2 est composée d’une pataugeoire prolongée d’un splashpad de 40 m2. À l’extérieur, l’établissement dispose d’un bassin nordique de 50 m, implanté à l’ouest en continuité de la halle des bassins pour bénéficier d’une protection au vent sur l’ensemble de sa surface. D’une profondeur de 1,50 à 2 m, il dispose d’un mur mobile en deux parties. “Ainsi, nous proposons plusieurs configurations pour accueillir divers publics en simultané. Par exemple, en période estivale, nous installons la structure gonflable pour les enfants et laisserons toute une partie du bassin à disposition des nageurs. Cette offre aquatique complète est essentielle pour accueillir les 10 clubs sportifs et les nombreux scolaires : élèves de primaires, collèges et lycées”, précise Olivier Oléron. Le splashpad extérieur, d’une surface de 158 m², est composé de neuf jeux : cascade de jeux d'eau, anneaux à multiples jets d'eau, canons à eau, jets d'eau au sol.

Un espace bien-être à l’étage

En complément de l’offre sportive, l’étage du centre aquatique accueille un espace bien-être de 380 m2. Il est composé de deux saunas (dont un extérieur), d’un hammam (avec banquette arrondie rétro éclairée et douchette), d’une grotte de sel en aulne (avec banquette arrondie et nébuliseur d’eau salée), de deux spas (dont un extérieur) et de douches massantes. La terrasse est orientée pour bénéficier d’un ensoleillement maximal et propose une vue sur le paysage et la halle des bassins. De plus, un espace de relaxation avec tisanerie, en accès direct de la terrasse, se trouve en surplomb d’un jardin zen.


Un raccord anticipé au réseau de chaleur urbain

Pour l’instant, le site est chauffé grâce à deux chaudières gaz à condensation. Néanmoins, dès 2027, la piscine sera alimentée par le futur réseau de chaleur urbain : l’énergie produite par l’Unité de Valorisation Énergétique de Taden (issue de l’incinération des déchets ménagers) venant assurer le chauffage de l’équipement. “Le raccord à ce réseau de chaleur urbain a été entièrement anticipé : tant au niveau des installations techniques (vannes spécifiques) que de l’agencement. En effet, après la dépose des deux chaudières entraînant un gain de place au sein de la chaufferie, nous avons prévu un cloisonnement pour réduire le local de stockage et créer un espace supplémentaire. L’objectif était d’être le plus fonctionnel possible afin de limiter le surcoût pour la Collectivité”, ajoute Thomas Leboucher. Par ailleurs, la déshumidification de la halle bassin sera assurée grâce à une pompe à chaleur avec récupération de chaleur pour préchauffer l’eau des bassins. Le débit de la centrale de traitement d’air est de 42 800 m3/h.

L’objectif de la Collectivité est de traiter l’ensemble des eaux stockées (renouvellement des bassins et eaux de pluie) par ultrafiltration, puis de les réutiliser afin d’alimenter les bassins en permanence. Ce dispositif est en cours de validation par l’ARS et l’ANSES.

Gestion de l’eau : un établissement qui se veut exemplaire

Dès le départ, les élus souhaitaient un équipement exemplaire, notamment au niveau de la gestion de l’eau pour laquelle l’objectif était clair : 1 L d’eau consommé doit être réutilisé 2, voire 3 fois. Au niveau de la filtration, l’ensemble des bassins ainsi que la lagune d’eau sont équipés de filtre à perlite Defender (Xylem), pour sa qualité de filtration et les économies générées. Les eaux de renouvellement des bassins et des vidanges sont récupérées et stockées en sous-sol dans des bâches tampon (350 m3). Cette eau est notamment utilisée pour l’usage des sanitaires (WC) du bâtiment. “Une autre cuve de 150 m3 récupère les eaux de pluie issues des toitures non végétalisées. Un système de préfiltration mécanique récupère les grosses impuretés. Par la suite, l’objectif serait de traiter l’ensemble de ces eaux stockées par ultrafiltration, puis de les réutiliser afin d’alimenter les bassins en permanence”, explique Thomas Leboucher, responsable de l’activité piscine au sein du bureau d’études Sogeti Ingénierie. Ce dernier utilise le conditionnel concernant cette étape d’ultrafiltration pour la réutilisation car cette technique innovante est en cours de validation par l’Agence Régionale de Santé (ARS) et l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES). “Après un premier dossier, un second est en cours de constitution pour obtenir le droit d’expérimenter cette technologie. Nous avons travaillé en collaboration avec la société Ecofilae, spécialiste de la réutilisation des eaux usées traitées (Reut). Nous avons accepté de mettre en place les installations car nous sommes persuadés que la réglementation va évoluer dans ce sens, c’est simplement une question de temps. C’est pourquoi, nous aimerions expérimenter ce nouveau process afin qu’il soit développé dans le futur au sein d’autres établissements.” Entre le génie civil et les installations techniques, il a fallu compter un budget de 200 000 euros HT. Toutefois, cette nouvelle technique permettrait d’économiser entre 25 et 30 % d’eau sur l’ensemble de l’équipement. Par ailleurs, la récupération des calories de l’eau des douches préchauffe l’eau chaude sanitaire.

Les architectes de l’Atelier Po&Po ont effectué un important travail sur la luminosité. La halle bassin bénéficie d’une lumière naturelle provenant de larges baies vitrées et du toit qui, de par l’originalité dans sa structure, devient un élément architectural à part entière.

Une gestion en régie

Les autres piscines du territoire (notamment la piscine de la Planchette à Broons présentée dans notre magazine n° 189) étant gérée en régie, les élus ont décidé de garder ce mode de gestion pour la nouvelle piscine. L’équipe est composée de treize MNS, huit agents d’accueil et deux techniciens, sans compter les renforts estivaux. Seule la gestion technique (traitement d’eau, traitement d’air et chauffage) a été externalisée à Engie. De manière classique, le centre aquatique va proposer diverses activités aquatiques (aquagym, aquabike, aquatraining…) : 22 créneaux hebdomadaires, soit deux fois plus que l’ancienne piscine. De plus, tout au long de l’année, l’équipe va organiser de nombreuses animations festives et thématiques. Ouvert depuis début mars, le centre aquatique devrait enregistrer environ 200 000 entrées par an.

FICHE TECHNIQUE


Maître d’ouvrageDinan Agglomération
AMOMission H2O
Maître d’œuvre mandataireAtelier Po&Po
BE TCESogeti Ingénierie
BE StructureKube Structure
Fournisseur bassins inox blancMyrtha Pools
Couverture bassinHaehn
Centrales de traitement d’airEcoénergie et ETT
FiltresXylem et Astralpool (Fluidra)
Système récupération eaux grisesEvolsys – Greenheat
SplashpadsWaterplay
Panneaux photovoltaïquesJinko Solar
Espace bien-êtreAqua-Real
Contrôle d’accèsElisath
Structure gonflableEcocréation
Surface totaleBâtiment : 6 707 m2 et extérieur : 8 229 m2
Durée des travaux24 mois
Coût total18 712 724 euros HT
SubventionsConseil régional de Bretagne : 2 047 695 euros
Conseil départemental des Côtes-d’Armor : 1 185 813 euros
État : 549 365 euros