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Un gymnase au service du sport et de la transition écologique

01/09/2026
Un gymnase au service  du sport et de la transition écologique

Pensé pour favoriser la diversité des pratiques, le nouveau gymnase de l’écoquartier de l’Arsenal à Dijon (21) renforce l’offre sportive municipale. Au niveau conception, le bâtiment rentre pleinement dans une démarche de transition écologique avec l’utilisation de matériaux biosourcés.

L’aménagement de l’Ecoquartier de l’Arsenal s’inscrit dans le projet de mutation du territoire sud dijonnais. Situé à moins de 2 km au sud du centre historique de Dijon, il se développe progressivement en accueillant divers équipements culturels, sociaux et sportifs. “Cette construction de gymnase comble une situation de carence dans le sud dijonnais. La planification de l’occupation des établissements les plus proches étant déjà très optimisée, la capacité à accueillir plus de public était presque nulle. Avec la construction d’un gymnase dans ce secteur, les habitants du quartier du Port du Canal (y compris les associations locales) et les nouveaux résidents des 1 400 logements prévus du quartier de l’Arsenal peuvent facilement accéder à la pratique des activités sportives. Enfin, la Ville avait également identifié un déficit en installations sportives municipales permettant d’accueillir des sports de combat tel que le judo et la pratique de la boxe”, introduit Claire Tomaselli, adjointe aux sports de Dijon.

Enjeux• Proposer un équipement sportif intergénérationnel et de proximité accueillant de la pratique libre, loisirs et compétitive
• Construire un bâtiment « écologiquement responsable »
Contraintes• Durée de travaux courte (13 mois) ayant nécessité une forte implication des entreprises
Solutions• Construction de trois salles d’activités distinctes, liées grâce à une zone centrale de convivialité
• Utilisation de matériaux biosourcés : bois, paille, ouate de carton…
L’ambiance intérieure est celle de la sobriété et de la simplicité des matériaux bruts. Le bois de la charpente, des gradins, du parquet ou encore celui de la fibre en plafond viennent contraster avec les équipements de chauffage et de ventilation.

Trois salles d’activités bien distinctes

Afin d’être le terrain de jeu idéal pour un maximum de sports, le gymnase compte trois espaces. Au rez-de-chaussée, la salle multisports (24 x 44 m) accueille les pratiques collectives classiques : basket-ball, handball, badminton, volley-ball et futsal. Le sol est un parquet en bois de hêtre cloué sur lambourdes (50 mm d’épaisseur au total) pouvant recevoir des compétitions de niveau régional. La salle est équipée de gradins d’une centaine de places assises et d’un éclairage LED (26 projecteurs Camus II Asym Sport de la société Électra). Quant aux équipements sportifs, ils ont été fournis par la société Fooga. “Nous avons notamment installé deux buts de handball en aluminium, rabattables au mur, deux buts de baskets relevables pour la compétition, avec un bras coudé et une articulation arrière double pour un relevage en biais afin de respecter les contraintes de la charpente, tout en garantissant la hauteur libre de 7 m sous le but en position de stockage. La salle multisports dispose aussi de deux buts de basket relevables (entraînement), dont un répondant aux mêmes contraintes que les buts principaux (relevage en biais), quatre buts de basket rabattables (entraînement) à hauteur réglables, des poteaux de badminton sur embases lestées, homologués FFBAD pour la compétition pour sept terrains (trois paires de poteaux simple et quatre poteaux double sur embase centrale) ou encore trois paires de poteaux de volleyball aluminium à treuil et crémaillère”, énumère Mayeul Galli, responsable commercial de la société.

À l’étage, le site dispose d’un dojo de 170 m2 (avec tatami de 12 x 12 m homologués par la Fédération Française de Judo et Disciplines Associées, fourni également par Fooga) et d’une salle de boxe de 130 m2, équipée d’un ring de 5 x 5 m, d’une potence pouvant accueillir quatre sacs de frappe sur chariot roulant, d’une poire de vitesse et d’un espace sans matériel pour le travail hors ring. Ces deux salles sont également équipées d’un éclairage LED (modèle Floodlight Multiray Tech2 de chez Clareo) : dix projecteurs dans le dojo et huit dans la salle de boxe. “Une attention particulière a été portée sur l’espace de vie, souvent absent des autres salles. Ainsi, le pôle de convivialité comprend un hall d’accueil de 8 m2 permettant l’accueil des accompagnants, un bar et un bureau mutualisé pour les dirigeants des associations”, complète Claire Tomaselli. De son côté, Pierre-Etienne James, architecte associé de Topoïein Studio, agence d’architecture ayant conçu le bâtiment, évoque une spécificité concernant les vestiaires. “Les quatre vestiaires joueurs (30 m2 chacun, deux au rez-de-chaussée et deux à l’étage), ayant été regroupés dans la même partie du bâtiment, nous avons pu installer au centre un local de stockage de l’eau chaude sanitaire. Cette solution réduit les longs linéaires de tuyaux pour obtenir de l’eau chaude rapidement. Elle apporte du confort aux usagers en évitant des surconsommations.”

Le parti pris architectural de Topoïein Studio a consisté à faire des toitures (et de leur pente) un élément strutural, à l’image des autres bâtiments publics de l’écoquartier.

“Son isolation en paille, l’utilisation de ouate de carton et de laine de bois garantissent une performance thermique optimale, limitant les besoins en chauffage et climatisation.”

La construction hors-site à optimiser les temps de levage, notamment des murs en ossature bois-paille de 12 m de haut, et la qualité de mise en œuvre.

Une approche bas carbone

Ce gymnase devant s’insérer dans l’Ecoquartier, le parti pris a consisté à faire des toitures et de leurs pentes un élément marqueur des bâtiments publics du site. De plus, pour davantage s’intégrer, la collectivité a fait le choix d’un bâtiment ‘écologiquement responsable’. En effet, le gymnase Arsenal est un modèle de construction écologique, intégrant des matériaux biosourcés pour minimiser son empreinte environnementale, comme le détail l’architecte : “Son ossature et sa charpente en bois offrent robustesse et souplesse, tandis que ses façades, plafonds, murs et gradins en bois renforcent le confort et l’acoustique (réduction des temps de réverbération). Par ailleurs, son isolation en paille, l’utilisation de ouate de carton et de laine de bois garantissent une performance thermique optimale, limitant les besoins en chauffage et climatisation. La paille est un isolant efficace (sous forme de petite botte de 36 à 37 cm d’épaisseur) et un choix éthique valorisant la réutilisation de ce déchet agricole.” Pour ce chantier, il a fallu utiliser 1580 bottes de paille (330 m3), 470 m3 de ouate, 3 700 m2 de fibre de bois en extérieur (mur et toiture) et 400 m3 de bois dont 100 m3 pour la charpente. En complément, le bâtiment est raccordé au réseau de chaleur urbain, fournissant une énergie renouvelable à 60 %. Les 60 m2 de panneaux photovoltaïques vont couvrir 13 % des besoins en électricité. Ainsi, avec l’ensemble de ses solutions, le gymnase atteint le classement E3C2 du label E+C – (Energie Positive et Réduction Carbone).

Conçu pour le sport-santé, le sport adapté et les activités des seniors, le gymnase répond à une grande diversité d’usages, à l’image du dojo dédié aux arts martiaux.

La gestion de la lumière naturelle

Pour Pierre-Etienne James, l’éclairage naturel indirect a fait partie des fils conducteurs du projet : “La lumière douce du nord caractérise l’architecture, elle déploie de fines arches lumineuses liant sans discontinuité les parois des sheds à celles des ouïes latérales de la grande salle. Cette lumière zénithale diffuse et homogène baigne aussi la circulation de l’étage, le hall par un vide sur la circulation, la salle de boxe ainsi que le dojo. D’après notre modélisation, passé 8h45, en toute saison, aucun rayon solaire ne pénètre selon cette incidence, évitant l’emploi de brise-soleil pour la grande salle ou de tout dispositif accessoire et laissant pleine transparence entre intérieur et extérieur.” Les ouvertures au sud sont, quant à elles, protégées par des brise-soleils et à l’est, l’auvent ombrage la grande baie entre parvis et accueil. “Après quelques mois d’utilisation, ce gymnase nous donne entièrement satisfaction, notamment au niveau de la qualité des infrastructures. La circulation des usagers est optimale et facilite le flux des nombreuses personnes fréquentant les différentes salles sans conflit d’usage. C’est très appréciable”, conclut Claire Tomaselli.

Une gestion autonome

Comme elle en a désormais l’habitude, la Ville de Dijon a mis en place un système de contrôle d’accès au sein du gymnase (avec planification des créneaux et des autorisations d’accès en amont) favorisant une gestion autonome des utilisateurs, tout en les responsabilisant. “Nous avons opté pour ce choix depuis quelques années et il nous donne entière satisfaction, alors que personnellement j’avais un doute, pensant que la présence humaine était nécessaire. Désormais, nous avons optimisé les missions des gardiens et c’est le pôle gardiennage du palais des sports qui se déplace en cas de besoin. Nous avons également ajouté des caméras pour contrôler la fréquentation. Ainsi, en cas d'absence d’un club durant plusieurs séances, nous pouvons réaffecter le créneau”, argumente Claire Tomaselli. En termes de fréquentation, le site est occupé par les clubs de 17 h à 23 h tous les soirs de la semaine. À partir de septembre, plusieurs structures scolaires vont obtenir des créneaux, tout comme l’accueil de loisirs extra et péri scolaires, ainsi que les centres de loisirs et les maisons de quartier. Au total, le gymnase sera utilisé de 8 h à 23 h. “Le dimanche matin est un créneau en accès libre, réservé aux familles (inscription via la plateforme My Dijon). Un agent est présent pour accueillir les usagers et aider à l’installation du matériel. Ce dispositif, mis en place depuis un an et demi sur plusieurs équipements, se développe progressivement et est apprécié”, ajoute l’élue.

FICHE TECHNIQUE


Maître d’ouvrageVille de Dijon
AMOISC
Maître d’œuvreTopoïein Studio
Parquet sportifArt Dan et Eurofield
Équipements sportifsFooga
Éclairage LEDÉlectra et Claréo
Contrôle d’accèsAlcy
Panneaux photovoltaïquesInéo (groupe Equans)
Surface de plancher2 170 m2
Durée des travaux13 mois
Coût total7 millions d’euros TTC
SubventionsConseil départemental de la Côte-d’Or : 500 000 euros
Conseil régional Bourgogne-Franche-Comté : 500 000 euros
État (FNADT) : 250 000 euros