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Belvédère scénographique sur les coteaux de Côte-Rôties

20/01/2025
Belvédère scénographique sur les coteaux de Côte-Rôties
Le projet de Belvédère panoramique de Tupin-et-Semons est un trait d’union contemporain entre le patrimoine et le territoire redonnant au site tout son caractère paysager exceptionnel. Le premier belvédère d’un futur réseau remarquable de ‘balcons du Rhône’.


FICHE TECHNIQUE


Maître d’ouvrage

Vienne Condrieu Agglomération - Tupin-et-Semons

Architecte mandataire

Collection Architectes

Paysagiste concepteur

Atelier Lionel Douard

Entreprise de Paysage

Jardin Service (SAS JS)

Fournisseur mobilier grille d’arbre

Area

Pépinières

Damien Vivier, Willaert, Moreau pépinière, Pépinières Pilaud

Livraison belvédère

Août 2024

Plantations

Automne 2024

Budget

750 000 euros HT

La commune de Tupin-et-Semons bénéficie d’une situation géographique remarquable ; elle est aux portes du Parc Naturel Régional du Pilat, entourée des vignes renommées de Côte-Rôties et s ’inscrit dans un décor ‘ spectacle’ d e l a Vallée du Rhône avec la chaîne des Alpes comme toile de fond. La construction du belvédère s’inscrit dans la mise en oeuvre du schéma touristique de Vienne Condrieu Agglomération désireux de proposer un “aménagement ‘point de vue’ spectaculaire et original dans sa conception permettant une mise en valeur des paysages et la création d’un lieu d’accueil pour une offre événementielle”. “Le contexte paysager initial consistait en une impasse fonctionnelle en bitume desservant l’Église de la Nativité-de-Notre-Dame, entourée d’une pelouse délaissée et de quelques arbustes. La création du belvédère revalorise les abords de ce lieu historique en le rendant accessible aux personnes à mobilité réduite et en l’intégrant au grand paysage emblématique”, explique Lionel Douard, paysagiste concepteur de l’Atelier Lionel Douard Paysagiste.
Le site comprenait de multiples contraintes ; patrimoniale (valorisation de monuments historiques), géographiques (rocher affleurant, site ‘rôti’ par le soleil), environnementales (site intégré dans le Parc Naturel Régional du Pilat) et techniques (site exigu, accessibilité PMR).

Un site de haut vol

Le site comprenait de multiples contraintes pour les équipes de conception et les entreprises de travaux. Patrimoniale d’abord, avec la mise en valeur de l’Église de la Nativité-de-Notre-Dame surmontée d’une vierge baroque de 2 mètres de haut classée aux monuments historiques, d’une ancienne cure adjacente et des coteaux viticoles historiques. Géographique ensuite, avec la présence très proche de la roche, un emplacement ‘rôti’ par le soleil et exposé au vent. Environnementale, avec le choix d’une palette végétale compatible avec les exigences de protection du Parc Naturel Régional du Pilat. Techniques enfin, avec un linéaire PMR à construire, la création d’un lieu d’accueil du public sur un site exigu, contraint et difficile d’accès aux équipes de chantier. “La conception s’est faite en étroite collaboration avec les équipes du projet. La commande était un belvédère spectaculaire. Un élément en porte-à-faux s’est présenté comme une évidence. Nous avons beaucoup travaillé sur la forme en prenant plusieurs hypothèses et nous sommes arrêtés sur l’arc de cercle, une forme douce qui reprend les courbes de niveaux des coteaux environnants”, expose Lionel Douard. Il complète “concernant la promenade, en assemblant nos envies aux besoins d’accessibilité du projet, une courbe en S s’est rapidement dessinée. Nous n’avons néanmoins pas réussi à totalement intégrer le cheminement PMR sur l’emprise du site, et avons donc rajouter un élévateur afin de respecter les normes.” La forme du cheminement a permis de créer deux jardins de part et d’autre du platelage bois, d’une superficie totale de 150 m2. “La promenade devient finalement le centre du projet et se termine par le belvédère panoramique en encorbellement”, résume le paysagiste-concepteur.
La construction du site ‘spectacle’ a débuté dès la phase chantier, avec la livraison du belvédère par hélicoptère Super Puma.

Une promenade immersive

“Nous avons pensé ce projet comme une ligne dans le paysage structurée selon trois grandes séquences”, explique Julien Giammarchi, architecte associé de l’agence Collection Architectes. Une première séquence le long du soubassement minéral du village propose aux visiteurs un panorama dégagé sur la vallée du Rhône. En suivant le ruban, le promeneur s’éloigne de la vue ouverte pour pénétrer dans le jardin du belvédère. “Cette séquence écarte les visiteurs du paysage pour les plonger dans un très beau jardin. Nous l’avons imaginé comme une antichambre qui prépare à la séquence finale du belvédère”, complète Julien Giammarchi. Cette immersion végétale amplifie l’effet de ‘pas dans le vide’ du belvédère ; les visiteurs se retrouvent ‘projetés’ dans la vue panoramique, suspendus dans le paysage, immergés dans le territoire. Enfin, le ruban se termine sur la placette de l’église qui constitue un espace de rassemblement. Elle intègre un chêne liège en son centre et des assises pour accueillir de prochaines festivités.

Lignes, matériaux et mobiliers

Dès la phase de concours, le bois a été choisi comme matériau principal avec l'intégration d'un ingénieur en structure bois au sein de l'équipe. L'ouvrage incurvé, entièrement sur-mesure, se distingue par sa structure en porte-à-faux cintrée sur les trois dimensions. Il est réalisé en structure bois sous tendue métallique grâce au savoir-faire de l’entreprise P yrénées Charpente. La structure utilise du douglas purgé d’aubier naturellement classé en catégorie d’emploi 3.2, tandis que le platelage est fabriqué en chêne. Les garde-corps métalliques, réalisés par l’entreprise Blanchet Serrurerie, sont composés de lames ajourées et utilisent les rayons du soleil pour projeter au sol des ombres portant des mots issus du vocabulaire viticole, tels que “ébrottage”,“vendanges” ou encore “rebrochage”. Le spectacle de ce site a débuté dès la phase chantier, marquée par la spectaculaire livraison du belvédère par un hélicoptère Super Puma. Le projet comprend de larges bancs invitant à la pause. Ils sont également sur-mesure et fabriqués avec le même bois que le platelage afin de créer une unité sur le site.“Concernant les luminaires, nous avons opté pour des produits miniatures afin de garantir une continuité et une uniformité sur tout le linéaire de platelage et respecter les valeurs d’éclairement demandées pour l’accessibilité PMR. Pour cela, nous avons intégré des microLEDs dans les chasses roues du platelage. Une lampe historique a bénéficié d’un “relamping”, c’est-à-dire d’une rénovation. C’est une ancienne lanterne à vapeur de sodium qu’il a été possible de transformer avec un module LED moins énergivore”, souligne Lionel Douard.
Pour le jardin du belvédère, des plantes méditerranéennes particulièrement rustiques, résistantes à la chaleur et au gel, ont été plantées à l’automne 2024 d’un commun accord afin d’optimiser leur reprise.

La question de l’eau

La demande initiale du concours demandait le traitement des eaux à la parcelle. Le profil du site sur rocher affleurant ne permet pas l’infiltration de l’eau en profondeur. L’eau ruissèle et s’accumule le long du mur fragilisant la structure même de cet ouvrage porteur. Le mur a fait l’objet d’une rénovation mais l’infiltration des eaux de pluie du nouveau site allait reproduire des désordres du passé. “La combinaison de la petitesse du jardin, de la nature du sol et de la présence du mur de soutènement en contre bas rend le traitement des eaux à la parcelle compliqué. Il a donc été décidé de les canaliser dans le réseau existant par caniveau et de les rejeter en contre bas”, explique Lionel Douard. Un exemple de projet où l’infiltration à la parcelle des eaux de ruissellement n’est pas possible. Néanmoins sur le site, les surfaces imperméabilisées en enrobé ont été réduites grâce à la création du jardin paysager et du cheminement perméable en platelage bois.

Une palette végétale sobre

“La végétalisation était assez complexe, le site initial étant refermé sur lui-même par plusieurs zones minérales exposées plein sud. De plus, nous sommes sur un rocher affleurant et la collectivité ne souhaitait pas d’arrosage”, explique le spécialiste. Le choix des végétaux s’est donc orienté vers des plantes méditerranéennes rustiques, particulièrement résistantes à la chaleur l’été et au risque de gel l’hiver, telles que l’Achillea clypeolata, le Buplerum fruticosum, la Coronilla emerus, le Perovskia ‘Blue Spire’, le Phlomis fruticosa ou encore le Teucrium fruticans ‘Azureum’. Concernant la palette d’arbres, l’antichambre végétale comprend entre autres des Cupressus Sempervirens ‘Stricta’ (Cyprès d’Italie), un Lagerstroemia indica (Lila des Indes), un Carpinus orientalis (Charme d’Orient), un Acer monspessulanum (Érable de Montpellier) et un Acer campestre (Érable Champêtre), etc. “Comme nous avions moins de sol que prévu, nous avons décidé de baisser la taille de plantation afin de bénéficier de mottes plus petites et de faciliter la reprise”, précise Lionel Douard. Enfin, la plantation des végétaux a été décalée à l’automne 2024 d’un commun accord avec la commune et la communauté d’agglomération afin d’optimiser la reprise des végétaux.

Arbres et arbustes :

• Acer campestre (Erable Champêtre)
• Acer monspessulanum (Erable de Montpellier)
• Carpinus orientalis (Charme d’Orient)
• Crataegus monogyna (Aubépine)
• Lagerstroemia indica (Lilas des Indes)
• Cupressus sempervirens ‘Stricta’ (Cyprès d’Italie)
• Sambucus nigra (Sureau noir)
• Amelanchier ovalis (Amelanchier)
• Viburnum tinus (Laurier tin)
• Phyllyrea angustifolia (Filaire)
• Philadelphus coronarius (Seringat)
• Punica granatum ‘Provence’ (Grenadier)
• Viburnum tinus ‘Villa Noaille’ (Laurier tin)
• Rosa moschata ‘Nastarana’ (Rosier)
• Colutea arborescens (Baguenaudier)
• Pittosporum tobira ‘Nana’ (Pittosporum)

Vivaces et couvre-sols :

• Acanthus mollis (Acanthe)
• Achillea clypeolata (Achillée)
• Achillea filipendula (Achillée)
• Achillea millefolium ‘Heidi’ (Achillée)
• Buplerum fruticosum (Buplèvre ligneux)
• Centratus ruber (Valériane)
• Cistus monspeliensis (Ciste)
• Cistus x hybridus syn. Corbariensis (Ciste)
• Coronilla emerus (Coronille)
• Coronilla glauca (Coronille)
• Euphorbia characias subsp. wulfenii (Euphorbe) • Euphorbia martinii (Euphorbe)
• Gaura lindheimeri (Gaura)
• Lavandula x intermedia ‘Grosso’ (Lavande)
• Perovskia ‘Blue Spire’ (Lavande d'Afghanistan)
• Phlomis chrysophylla (Sauge de Jérusalem)
• Phlomis fruticosa (Sauge de Jérusalem)
• Rosmarinus officinalis ‘Boule’ (Romarin)
• Rosmarinus officinalis ‘Sappho’ (Romarin)
• Teucrium fruticans ‘Azureum’ (Germandrée arbustive)
• Iris germanica sp. (Iris)