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Marcy-l’Étoile rouvre le Vallon des Pierres Rouges

11/09/2026
Marcy-l’Étoile rouvre le Vallon des Pierres Rouges
Sur 5,8 hectares au cœur de Marcy-l’Étoile, dans la métropole de Lyon (69), le Vallon des Pierres Rouges a été transformé en espace de promenade et de liaison vers le parc Lacroix-Laval. L’opération associe accessibilité, renaturation d’un ruisseau et équipements de proximité.
 
 

FICHE TECHNIQUE


Maître d’ouvrage

Métropole de Lyon

Maître d’oeuvre

Green Style (mandataire) aménagements paysagers et génie écologique,

Passerelles et platelages bois

Dynamique Environnement

Mobilier bois sur mesure

Scierie Grenier

Mobilier et signalétique

Pic Bois

Pépinières

Cholat, Moreau, Pilaud, Damien Vivier, Charentaises, Nungesser (semences hélophytes, prairies humides, pelouse rustique)

Budget

2,885 millions d'euros, dont 2,35 millions d'euros HT de travaux, avec le soutien de la Métropole de Lyon et de l’Agence de l’eau

Le vallon forme un axe nord-sud d’un peu plus d’un kilomètre entre l’avenue Marcel-Mérieux et la route de Sain-Bel. À l’ouest, il longe un tissu résidentiel. À l’est, il borde des équipements publics, sportifs et des emprises d’activités. Longtemps, le site est resté peu lisible. Les franges étaient disparates, les revêtements vieillissants, le mobilier daté, le patrimoine arboré inégal et les cheminements peu adaptés à la marche de loisir comme aux usages quotidiens. L’enjeu n’était donc pas seulement paysager. Il s’agissait de recoudre un morceau de commune, de rendre praticable un vallon central et d’en faire une continuité piétonne réelle entre centre-bourg, équipements et parc de Lacroix-Laval. L’opération a demandé deux ans de préparation et quatre temps de concertation. La Ville de Marcy-l’Étoile en assure la maîtrise d’ouvrage. En amont, Marion Ambis Consulting, mandataire, et Eranthis, paysagiste, ont conduit la mission d’assistance à maîtrise d’ouvrage sur la programmation de l’opération. La maîtrise d’œuvre opérationnelle a ensuite été confiée à Urban Studio, représenté par la paysagiste conceptrice Audrey Barthomeuf, mandataire, avec Cap Vert Ingénierie, chez qui Michael Bas intervient en tant que chargé de projets, pour les études techniques, l’économie et le suivi du chantier. L’entreprise lyonnaise Green Style a réalisé les aménagements paysagers et assure l’entretien d’accompagnement sur deux ans. Derrière une écriture volontairement sobre, le chantier a été lourd. Sur 5,8 ha, il a nécessité 7 400 m³ de terrassements, dont 700 m³ spécifiquement liés au ruisseau de la Tamina. Environ 1 600 m² d’enrobés ont été décroûtés et 1 000 m³ de terre végétale ont été revalorisés in situ. Le tracé met en service 1,2 km de nouvelle voie piétonne et 400 m de voie verte. Le tout est accessible aux poussettes, aux personnes âgées et aux personnes à mobilité réduite.

Séquence 1, le centre-bourg

La première séquence joue le rôle de seuil. Depuis le giratoire de la mairie jusqu’aux abords du groupe scolaire Dolto, le projet installe l’entrée du vallon dans le tissu quotidien du centre-bourg. Le traitement n’est pas celui d’un parc clos sur lui-même. Il s’agit d’abord d’ouvrir une adresse lisible, de fabriquer de l’ombre, de calmer les transitions et d’amorcer la descente dans le vallon sans rupture brutale. Les revêtements sont hiérarchisés, les pentes reprises et les parcours recalés pour donner la priorité aux piétons tout en maintenant la continuité avec les circulations douces de quartier. Cette séquence donne aussi la mesure du parti paysager. Le projet n’ajoute pas des objets dispersés. Il travaille d’abord les sols, les lisières et le confort d’usage. Les premières plantations épaississent les franges et construisent un effet de fraîcheur à l’entrée du site. Le mobilier reste discret et très majoritairement en bois. Cette retenue donne de la cohérence à l’ensemble. Le vallon commence comme un espace public de proximité, pas comme un équipement spectaculaire. C’est ce qui permet à la promenade de s’installer d’emblée dans les usages ordinaires du bourg.

Séquence 2, le parc

Au centre du vallon, la deuxième séquence concentre les usages les plus partagés. C’est le registre du parc, celui des parcours de promenade, des haltes, du jeu et des séjours courts. Le projet y met en place des franchissements légers avec des pontons bois reliant les circulations piétonnes, un espace ludique tout en bois installé dans une clairière, des assises en grumes naturelles, une table de pique-nique et un mobilier de repos largement dominé par le chêne et le bois massif. Des bancs jalonnent le site. Des classes en plein air, conçues pour les écoles, prolongent l’aménagement dans un registre pédagogique. Le traitement végétal donne à cette séquence sa tenue. Environ 7 000 m² de surfaces plantées structurées accueillent massifs de vivaces, couvre-sols, jeunes plants et strates arbustives. Le projet évite cependant l’image d’un parc horticole très tenu. Les clairières restent lisibles, les vues demeurent ouvertes et les prairies fleuries occupent de larges emprises. La composition reste traversante, poreuse, et garde une relation directe avec les talus, les arbres en place et la topographie du site.

Séquence 3, le ruisseau

Le noyau technique du projet se situe autour de la Tamina, seul cours d’eau structurant du vallon. Sa remise à ciel ouvert a demandé une véritable ingénierie de rivière. Le chantier a commencé par un dispositif de dérivation et de mise à sec pour intervenir hors d’eau. Il s’est poursuivi par la réouverture et le débusage du ruisseau, la reprise du lit, la création d’un déversoir de crue et la mise en place de seuils en bois destinés à stabiliser les écoulements. L’objectif est clair : rendre le cours d’eau lisible et fonctionnel sans basculer dans une réponse trop minérale. L’hybridation technique s’appuie donc sur des seuils bois, des gabions, des enrochements ponctuels et des substrats granulaires. Les berges traduisent une logique de stabilisation douce. Elles sont traitées par ensemencement d’espèces hélophytes et par recouvrement en géotextile coco biodégradable. Les enrochements restent ponctuels, limités aux franchissements, au déversoir et aux ouvrages liés aux seuils bois. Le projet vise moins à figer le cours d’eau qu’à en rétablir le fonctionnement. La Tamina redevient ainsi un support de continuités écologiques et de lecture paysagère. Pour l’usager, cela se traduit par un ruisseau visible, des berges vivantes, une présence de l’eau retrouvée et une ambiance de fond de vallon apaisée.

Séquence 4, le grand paysage

Plus au nord, la dernière séquence ralentit le degré d’aménagement. Le projet s’y fait plus extensif et compose avec le grand paysage plutôt qu’avec le seul registre du parc. Les chemins restent présents, mais les équipements se raréfient. Le végétal, lui, change d’échelle. Au total, 185 arbres ont été plantés et 24 000 plantes couvre-sol et de zone humide ont été installées. De grandes surfaces en prairie fleurie accompagnent les lisières. En bord de Tamina, les plantations hélophytes et les boutures de saules participent à la reconstitution d’une ripisylve plus stable. Ce travail s’ajoute à la remise en place sur site de 1 000 m³ de terre végétale, ce qui ancre le projet dans une logique de sol vivant plutôt que de simple habillage. Cette séquence assume aussi une dimension écologique plus explicite. Nichoirs, gîte à hérisson, pièges à graines, haies sèches et gestion différenciée accompagnent le parcours sans le surcharger. Le vallon reste un espace public, mais il n’est pas entièrement domestiqué. La promenade ne repose pas uniquement sur des mètres linéaires et du mobilier. Elle s’appuie sur des milieux, sur une présence de l’eau et sur une gradation claire entre le centre-bourg, le parc, le ruisseau et le grand paysage.

Le dernier maillon vers Lacroix-Laval

L’opération a valu à Marcy-l’Étoile le Prix de l’environnement 2025 lors des Trophées des maires du Rhône et de la Métropole de Lyon. La distinction souligne moins un effet d’image qu’une méthode de projet : ouvrir un vallon central au public tout en restaurant son fonctionnement écologique et en améliorant nettement l’accessibilité. Il reste cependant un maillon à traiter, celui du franchissement de la route de Sain-Bel. C’est tout l’objet de la future passerelle piétonne vers Lacroix-Laval, dont les conventions d’implantation et les marchés de travaux ont encore progressé début 2026. Si elle aboutit comme prévu, elle donnera au Vallon des Pierres Rouges son statut complet d’espace de promenade et de liaison à l’échelle communale.

Palette végétale (arbres)

Quelques arbres adaptés au site/sol/exposition/milieu
• Alnus x spaethii
• Acer monsepessulanum
• Prunus subhirtella ‘Autumnalis Rosea’
• Quercus cerris/Quercus freinetto
• Quercus phellos
• Tilia x euchlora/Tilia platyphyllos

Arbustes
• Cephalanthus occidentalis
• Clethra alnifolia
• Viburnum opulus
• Rhamnus cathartica

Vivaces
• Ballota pseudodictamnus
• Cistus creticus
• Lippia nodiflora

Plantes hélophytes
• Mélange de plantes à fleurs et de graminées
 • Lytrum salicaria
• Scirpus sylvaticus