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Parc Diderot : un bain de lumière et de nature !

01/04/2025
Parc Diderot : un bain de lumière et de nature !
Le Parc Diderot redonne vie à un espace abandonné et transforme l’image d’un quartier. Sa baignade urbaine novatrice, intégrée à une programmation variée et un environnement renaturé, en fait un modèle d’aménagement urbain durable. Un projet distingué par une Victoire d’Argent aux Victoires du Paysage 2024 dans la catégorie Espace public urbain - Parcs.
 
 

FICHE TECHNIQUE


Maître d’ouvrage

Ville de Pantin

Maîtrise d’oeuvre

Pena Paysages

BET VRD

Arcadis

Entreprises du paysage

- Lot 1 VRD Génie civil - Fontainerie : Groupement Segex/ Segex Energie/ La Moderne/ BIR/ Sigma
- Lot 2 Éclairage public : Derichebourg Energie EP
- Lot 3 Serrurerie/ Menuiserie bois : ECMB
- Lot 4 Espaces verts/ Arrosage : Agrigex Environnement

Fontainier

Diluvial

Fournisseurs mobilier

Mobilier éclairage : Comatelec
Mobilier jeux : Pro Urba

Pépiniéristes

Daniel Soupe

Situé sur le site d’une ancienne usine de la Compagnie parisienne des asphaltes, le parc Diderot s’était progressivement dégradé, devenant vétuste et délaissé par les habitants. Propice à la délinquance, il impactait l’image du quartier des Quatre-Chemins à Pantin. Intégré à un vaste programme de requalification urbaine, ce site a bénéficié d’une rénovation ambitieuse, transformant ses 2,1 hectares en îlot de fraîcheur et en poumon vert, symbole du renouveau du quartier.
Une large promenade structure le parc Diderot, autour de laquelle s’organisent des salons de verdure programmatiques : aires de jeux hors normes, skatepark, mur d’escalade et parcours de fitness.

Redonner de la lumière au site

La transformation du parc Diderot repose sur un geste paysager fort, imaginé par Michel Péna, paysagiste concepteur et ancien propriétaire de l’agence Pena Paysages. Avant toute plantation, il était essentiel selon lui de redonner de la lumière à cet espace, au sens propre comme au figuré. Pour répondre à cet enjeu, un grand bassin central aux formes organiques a été imaginé comme élément structurant du parc. En effet, la présence de l’eau joue un double rôle : elle réfléchit et diffuse la lumière tout en créant un îlot de fraîcheur en milieu urbain dense. De plus, le défis majeurs du projet résidait dans la conciliation entre une programmation ambitieuse et des enjeux environnementaux forts. Comment intégrer davantage d’usages tout en préservant des espaces de nature ? “Notre réponse repose sur une stratégie de polarisation des espaces : une large promenade dessert l’ensemble du parc autour de laquelle s’organisent des salons de verdure. Chaque espace est dédié à un public spécifique. Cette concentration des fonctions permet de libérer des zones périphériques traitées de manière plus naturelle, répondant aux enjeux de biodiversité du projet”, partage Ghislain de Larouzière, paysagiste concepteur et directeur de l’agence Péna Paysages.
Les excavations réalisées pour l’aménagement de la pièce d’eau ont permis de façonner une butte de 6 mètres de haut, point de départ d’un gigantesque toboggan conçu par Pro Urba. La végétation du parc est protégée par des ganivelles qui structurent et guident naturellement les circulations.

Créer un îlot de fraîcheur

La proposition d’un grand bassin central, imaginée en phase concours, a évolué pour répondre aux nouvelles aspirations de la Ville : celle de créer une baignade naturelle urbaine pour proposer aux habitants un point de rafraîchissement au cœur du quartier. “Il fallait oser, il s’agit peut-être d’une première en Île-de-France, voire en France”, souligne le directeur. Pensé pour un public familial, cet espace aquatique de 700 m², à la profondeur progressive de 20 cm à 1,10 m, est entièrement clôturé et surveillé par un maître-nageur. Il peut accueillir jusqu’à 600 baigneurs par jour, dont 200 simultanément, et dispose de toutes les infrastructures nécessaires à la baignade tel qu’une infirmerie et des toilettes publiques. “Nous avons travaillé la clôture en transparence afin que le plan d’eau reste une partie intégrante du parc”, poursuit Ghislain de Larouzière. Plus qu’un simple espace récréatif, cette baignade est aussi un exemple d’innovation écologique. “Il s’agit d’un projet audacieux en matière de gestion de l’eau. Le bassin fonctionne en circuit fermé et sans recours aux produits chimiques”, complète le directeur. L’eau de la baignade est purifiée grâce à un système de filtration naturelle fonctionnant en plusieurs étapes. Après son infiltration en partie basse du bassin, l’eau est dirigée dans un caniveau planté qui capte les impuretés, avant de passer par un bassin de décantation et d’être purifiée par un traitement aux UV. Un jardin humide de 400 m², composé de plantes aquatiques, assure une filtration biologique supplémentaire. Ce circuit fermé permet un recyclage complet de l’eau chaque jour, avec un contrôle sanitaire quotidien. La Ville a délégué la gestion de la fontainerie afin de garantir le bon fonctionnement du dispositif.

Des salons de verdure à thème

Le Parc Diderot comprend trois aires de jeux, chacune pensée pour différents âges, intégrant des équipements variés et différenciants : un gigantesque toboggan, un mur d’escalade de 2 mètres de haut, un bateau pirate de 26 mètres de long, réalisés par l’entreprise Pro Urba, des jeux d’eau réalisés par l’entreprise Segex Energie et un skatepark “en forme de fosse”. Le parc est également équipé d’un parcours de fitness doté de plusieurs agrès pour la pratique d’activités physiques en plein air, et un espace zen, protégé de végétation, pour les visiteurs en recherche de détente. Les excavations nécessaires à l’aménagement de la pièce d’eau ont permis de façonner une butte de 6 mètres de haut, qui offre un point de vue panoramique sur l’ensemble du parc.
La baignade naturelle urbaine, qualifiée de "première en Île-de-France, voire en France", est entièrement clôturée et surveillée par un maître-nageur, et offre aux habitants un point de rafraîchissement en coeur de quartier. Ce projet est aussi un exemple d’innovation écologique ; son bassin fonctionne en circuit fermé sans recours aux produits chimiques.

Une scénographie paysagère vivante

La végétalisation du parc Diderot intègre une grande diversité d’arbres plantés, avec 32 essences différentes, sélectionnées pour créer un spectacle végétal tout au long de l’année. Parmi elles, des acers, des aulnes, des amélanchiers, des prunus et une collection de chênes transforment le paysage au fil des saisons : feuillages flamboyants en automne, ombrage rafraîchissant en été et floraisons généreuses au printemps. Le jardin aquatique, conçu avec une palette végétale adaptée aux milieux humides, accueille des menthes aquatiques, des myosotis des marais, des sagittaires et des iris. “Des espèces relativement classiques mais qui, en juin, offrent un véritable spectacle d’abondance et de couleurs, tranchant avec l’environnement urbain environnant”, partage Ghislain de Larouzière. Ce micro-écosystème aquatique a rapidement été adopté par la petite faune locale, comme en témoigne l’apparition spontanée de poules d’eau et de libellules. À proximité des anciens sheds, un jardin de simples a été aménagé et est entretenu par la Ville. Cet espace, accessible aux habitants, sensibilise à l’agriculture urbaine par la culture de plantes potagères (artichauts, etc.) et la plantation de petits fruits rouges (framboises, groseilles, etc.) Un travail minutieux a également été mené sur les clôtures du parc. Certaines, en tôles perforées aux motifs végétaux, réalisées par l’entreprise ECMB, complètent la signature visuelle du parc. “Malgré leur opacité, elles créent un effet de transparence qui participe à l’esthétique globale du site”, complète le paysagiste concepteur.En complément, des ganivelles en bois viennent marquer naturellement les cheminements et protéger les plantations. Enfin, un muret d’assise en bois, réalisé par l’entreprise ECMB, encerclant l’aire du bateau pirate, démarque l’espace tout en servant d’assise aux parents surveillant leurs enfants ou aux promeneurs souhaitant faire une pause.

Un chantier aux multiples défis

Le chantier du parc Diderot a été marqué par de nombreux aléas techniques et contextuels. La construction du groupe scolaire voisin a entraîné des retards, complexifiant la gestion des accès et la coordination des travaux. De plus, la découverte d’une pollution résiduelle liée à l’ancienne usine a nécessité une dépollution imprévue, impactant encore le calendrier. La crise sanitaire, les aléas météorologiques et la réhabilitation des anciens sheds, transformés en salle polyvalente, garderie, crèche et toilettes publiques, ont également pesé sur l’avancement du projet. Malgré ces défis, la mairie de Pantin et les équipes du projet ont su s’adapter, permettant une livraison en juillet 2021, pour le plus grand bonheur des habitants. Aujourd’hui, la transformation du parc Diderot a permis de réduire l’insécurité et de recréer un cadre accueillant. Cette nouvelle dynamique marque une évolution positive du quartier, renforçant son attractivité et sa qualité de vie.