en
fr en

Connexion
Registration

Cart

Your cart is empty :-(
HomeUne forêt urbaine pousse à Paris

Une forêt urbaine pousse à Paris

30/11/2024
Une forêt urbaine pousse à Paris
Longtemps soumise à une minéralité ambiante et à la circulation automobile, la place de Catalogne renaît en une forêt rafraîchissante. Grâce à l’intervention de l’entreprise Vallois, sous la maîtrise d’ouvrage et d’oeuvre de la DEVE de la Ville de Paris, les espaces végétalisés ont désormais droit de cité.



FICHE TECHNIQUE


Maître d’ouvrage/d’oeuvre

- Travaux d’infrastructure : DVD, Ville de Paris ;
- Travaux de végétalisation : DEVE, Ville de Paris

Entreprises

Fayolle (infrastructures), Vallois (lot 1 : terrassements, substrat, sol, serrurerie, VRD), Terideal (lot 2 : arrosage, adduction d’eau, brumisation)

Pépinières

Chauviré, Van Den Berk, Lappen

Mobiliers urbains

Valbois

Livraison

juin 2024

Coût

8 millions d’euros TTC, dont 42 % financés par le Fonds vert

L’humidité créée par la végétation et son ombre portée (60 % d’indice de canopée) abaisse la température du site et ses alentours d’environ 4 °C par rapport aux espaces publics adjacents.
Dans le 14e arrondissement parisien, la création de cette forêt urbaine, couvrant une superficie de 4 000 m², trouve son origine lors des dernières élections municipales, durant lesquelles la Ville a annoncé vouloir végétaliser massivement la capitale, notamment par le biais de forêts urbaines dans le cadre du Plan Climat 2030. Objectifs : créer de véritables îlots de fraîcheur, prolonger la trame verte qui traverse l’arrondissement, redonner la place aux piétons et aux cyclistes, proposer un nouveau paysage, accueillant et apaisé. Rapidement, des études de faisabilité ont repéré la place de Catalogne, vaste espace minéral de 11 200 m² centré d’une fontaine hors d’usage. Son atout également, rare pour être souligné dans la capitale : la quasi-absence de réseaux souterrains, assurant la désimperméabilisation des sols.

Place = fosse de plantation

Les marchés sont lancés en 2022 pour réaménager l’ensemble de la place de Catalogne. Le projet est conduit par la Direction de la Voirie et des Déplacements (DVD), pilote général des opérations et maître d’ouvrage pour le réaménagement global de la place de Catalogne, et la Direction des Espaces Verts et de l’Environnement (DEVE), maître d’ouvrage délégué et maître d’oeuvre pour la création de la forêt urbaine. C’est l’entreprise Vallois Île-de-France, filiale de Spie Batignolles Paysage, qui a réalisé l’ensemble des aménagements paysagers (apports de terre, plantations, installation du mobilier urbain...). Les systèmes d’arrosage/brumisation ont été confiés à Terideal. Après décroutage de l’enrobé et du béton omniprésents et retrait de la fontaine, 8 0 00 m3 de terre ont été apportés pour surélever ponctuellement le niveau de la place d’1,2 m par rapport aux espaces viaires de proximité. “La place est devenue une vaste fosse de plantation, sans obstacles, dans laquelle nous avons creusé pour installer les végétaux”, décrit Raphael Gasparini, responsable d’exploitation chez Vallois. A noter que la gestion raisonnée des déblais-remblais a permis de limiter la profondeur d’excavation et la rotation de 200 camions. Deux horizons, élaborés par des experts municipaux en agronomie, composent la couche de terres existantes/ rapportées q ui a ccueillent l es v égétaux. “D’abord une strate d’environ 80 cm d’épaisseur, constituée d’un mélange terre-pierres (Ø 80 mm) à 50-50. Se superpose ensuite une strate d’environ 70 cm en terre-pierres (Ø 10 à 40 mm) à 60-40. Les pierres - de la meulière - proviennent toutes de Saclay”, expose-t-il. Pas moins de 478 arbres-tiges d’âges et d’essences divers, dont sept sujets de force 60/70, ont été plantés. “Au début, l’idée était de retrouver le vocabulaire végétal de la forêt de Fontainebleau. Puis, suite à des discussions menées avec des experts arbres à la Ville pour estimer quels sujets étaient les plus résistants et faciles à entretenir, nous avons sélectionné divers chênes (pédonculés, de Hongrie, pubescents...), des frênes d’Amérique, des érables champêtres et de Montpellier, des merisiers, des métaséquoias… pour créer un paysage riche et diversifié”, détaille Amélie Astruc, responsable études et travaux au Service Paysage et Aménagement de la DEVE. Dans une logique de circuit-court, 14 % des arbres proviennent de la pépinière de la Ville de Paris. Le reste a été fourni par les pépinières Chauviré, des pépinières néerlandaises (Van den Berk) et allemandes (Lappen), plus aptes, aux dires de l’entreprise, à fournir des sujets de forces plus importantes.
Transport et plantation des arbres.

Défi logistique en milieu contraint

Pour réaliser l’ensemble des travaux, l’entreprise Vallois a dû s’inscrire dans un planning serré en perspective des JO de Paris 2024, tout en respectant le cycle de développement des espèces retenues. “Il a d’abord fallu gérer les flux de camions dans un site congestionné, mais toutes les plantations ont été réalisées entre le 15 novembre et le 20 décembre”, se souvient R aphael Gasparini. Pari tenu donc. “Pour cela, nous avons installé une grue pour automatiser les approvisionnements en arbres”, précise-t-il. Techniquement, sur le terrain, des équipes de Vallois ont été mobilisées au déchargement des arbres. De grands chevêtres en bois, créés pour l’occasion, ont permis de stocker les arbres. Et pour gérer au mieux les flux et les déchargements, le marquage des sujets a été effectué directement dans les camions. En parallèle, deux autres équipes ont été affectées au creusement des trous de plantation dans la couche de terres existantes/rapportées, au positionnement des arbres (les gros sujets en motte ont été ancrés sur du treillis soudé) et à la confection de cuvettes d’arrosage (hautes d’environ 20 cm sur les bords). Ces dernières sont alimentées en eau par des bubblers, asservis à des sondes d’humidité. Le tout est piloté à distance, via une application smartphone. Lors des plantations, pour ne pas rouler sur les horizons en place, le carnet de phasage précise que les pelles, servant au creusement et à la disposition des arbres, ont travaillé à reculons, sur des rampes prévues à cet effet.
Sous les arbres plantés, le sol forestier accueille une strate basse composée notamment de fougères.

Une forêt préservée et entretenue

“Pour assurer une perméabilité visuelle sous les arbres, aucun arbuste n’est présent. Nous avons toutefois planté une strate basse à base de fougères, de lierres... qui obéit à un plan précis établi par nos paysagistes concepteurs. Soit un total de 22 000 vivaces plantées densément, accompagnées d’environ 5 000 bulbes”, note Amélie Astruc. Certains végétaux composent également la lisière de la forêt, distinguée par des noues couvertes de bentonite récupérant les eaux de pluie d’une aire piétonne au profit de l’arrosage des plantations. “Ces ouvrages incitent les visiteurs à ne pas les traverser. C’est mieux qu’une clôture, à laquelle nous avions d’abord pensé”, remarque-telle. L’eau pluviale récupérée par les noues est orientée vers l’ancienne bâche de pompage de la fontaine reconvertie en cuve d’arrosage. Les compléments hydriques sont apportés par le réseau d’eau non potable de la Ville de Paris, puis, si besoin, par de l’eau potable. La c lairière o mbragée q ui jo uxte l a forêt, d ’une s uperficie d e 804 m², constitue un espace de détente, profitant de la fraîcheur de la forêt. Gazon, aire de brumisation, linéaires de bancs parisiens et lisses métalliques délimitant des bandes plantées distinguent les lieux. Un muret commémoratif rend hommage au sculpteur Shamaï Heber, créateur de la fontaine. Forêt et clairière sont entretenues par Vallois pour une durée de deux ans. “Rappelons qu’il s’agit d’une forêt, et non d’un jardin. L’objectif est que la nature plantée s’installe correctement. Le plus compliqué est le désherbage du site les six premiers mois pour éliminer les plantes non désirées issues du stock de graines contenu dans la terre rapportée. Il faut un jour pour trois jardiniers pour entretenir le tout”, explique Raphael Gasparini. Enfin, concernant les mobilités douces, la partie sud de la place est dédiée à la circulation piétonne, tandis qu’une piste cyclable bidirectionnelle en enrobé drainant a été créée en partie nord pour permettre aux cyclistes de traverser la place en toute sécurité. Aujourd’hui, la place vit bien. La nature s’est invitée au coeur de Paris et les habitants profitent de ses bienfaits.

Forêts urbaines
Des bénéfices environnementaux


La première forêt urbaine de Paris, plantée sur la place de Catalogne, apporte déjà de nombreux bénéfices :
• rafraîchissement mesuré en été de 4 °C au coeur de la clairière ;
• amélioration du cadre de vie des habitants ;
• désimperméabilisation du site, désormais capable de gérer 54 % des pluies de 16 mm ;
• palette végétale diversifiée, invitant la faune locale ;
• réemploi de matériaux : reprise des éléments de l’ancienne fontaine, réutilisation de la bâche de pompage comme cuve de récupération des eaux pluviales. 60 % des bordures et 25 % des dalles sont issus du réemploi. Travail précis sur les déblais/ remblais, évitant le passage de 200 camions.