Une dynamique végétale marquée par six typologies
L’agence Exit Paysagistes Associés a identifié six grandes typologies végétales qui s’appuient sur l’existant. L’enjeu était de recréer des dynamiques là où la nature avait été mise à mal et de conserver au maximum les structures présentes.
- On retrouve, dans un premier temps, les mails, de larges voies piétonnes de cinq mètres de large plantées où alternent ombre et lumière. “Il existait déjà des alignements de platanes vieillissants et fragilisés que nous avons choisis de conserver et de renforcer par de nouvelles plantations végétales diversifiées. Au total, 420 arbres supplémentaires à haut jet ont été plantés en alignement à une inter distance de dix mètres dans des fosses de 12 m3 pour prolonger la trame. Parmi les essences, on retrouve le Celtis australis, le Gleditsia triacanthos ‘Inermis’, l’Ostrya carpinifolia et le Melia azedarach”, précise Guillaume Lomp.
- Les fourrées sont des espaces de biodiversité inaccessibles et densément plantés autour d’arbres malades de dimensions variables (entre 250 et 1000 m2). “Nous avons choisi de protéger les arbres malades avec des grilles en forme d’ellipses et de les accompagner d’un mélange d’essences locales de strates variées. Ces arbres anciens sont précieux pour la faune locale (insectes, oiseaux, champignons, etc.) et leurs souches et troncs pourront être conservés dans ces ‘fourrées’”, ajoute le paysagiste concepteur. Plutôt que d’être abattus, ces arbres ont été intégrés dans des ‘poches désordonnées’ créant des ruptures dans la rigueur induite par les barres d’immeubles.
- La lisière est une épaisseur végétale faisant office d’échelle intermédiaire entre le bâti et le parc développée sur un linéaire de trois kilomètres et accompagnée d’une promenade piétonne. Son épaisseur et sa composition varient en fonction de l’environnement bâti ; équipements, accès, rez-de-chaussée habités, voies circulées, etc. Parmi les essences plantées, la sélection se compose d’Acer campestre, Albizia julibrissin, Betula populifolia, Broussonetia papyrifera, Cercis siliquastrum, Quercus imbricaria, Amelanchier ovalis, Helianthus microcephalus, Gaura lindheimeri, Punica granatum, Sorbus aucuparia, Syringa vulgaris, Acanthus mollis, Vinca minor, etc.
- Avant les travaux, de vastes espaces ouverts de prairie couvraient l’équivalent de quatre terrains de football et accueillaient divers événements sportifs et culturels. “Deux d’entre eux ont été conservés, car la végétation y avait trouvé son équilibre. Des dynamiques écologiques s’étaient installées naturellement. Nous avons interdit aux engins de chantier d’y circuler pour préserver cette richesse”, ajoute Guillaume Lomp.
- La joualle est une structure agricole productive et nourricière inspirée d’un système ancestral de culture agricole du Sud-Ouest de la France qui combine arbres fruitiers et cultures maraîchères ou céréalières. “Tous les six mètres, nous avons planté des arbres fruitiers - Malus domestica, Pyrus communis, Prunus domestica, Prunus avium, Prunus dulcis, Juglans regia – et des arbustes qui protègent le sol et accompagnent le développement racinaire des fruitiers. Chaque rangée est séparée par douze mètres de cultures potagères” Cette agriculture urbaine a été développée sur 3 000 m2 et est aujourd’hui gérée par une association locale. Le modèle est voué à être dupliqué lors de la phase trois du projet.
- Les bouquets d’arbres à haute tige constituent la dernière typologie végétale identifiée. Cette typologie est composée de conifères et feuillus marcescents (Pinus, Quercus) et d’une strate herbacée haute fauchée une fois par an. Les bouquets bordent les prairies, apportent de l’ombre et forment des repères visuels. Guillaume Lomp explique la méthode employée : “Les bouquets sont plantés sur butte en remblais d’un à deux mètres dont les talus servent ponctuellement d’assise avec l’installation de gradines. Les buttes adoptent un profil en cratère pour récupérer un maximum d’eau de ruissellement aux pieds des arbres. La géométrie des fosses diffère selon les talus, les fosses communes étant privilégiées et les fosses individuelles présentant un volume minimum de 13 m3. Un paillage de BRF sur huit à dix cm a été déposé en pied de chaque arbre. Les arbres tiges ont été volontairement plantés jeunes, de force 16/18 pour une meilleure reprise.”